Panique provoquée par un ronron !

Minuit, le 6 décembre 2015. Je commence à m’endormir après avoir été relativement tendue toute la soirée, à cause des élections régionales qui m'exaspèrent au plus haut point. Mon oreiller bien moelleux et ma couette bien chaude me calment, leur douceur me détend, je ferme les yeux. Mes paupières sont lourdes, je suis bien, je dors profondément. Le silence total règne ici, dans mon village perdu au milieu de nulle part, les nuits sont calmes et réparatrices. Pourtant ce soir, un bruit me sort du sommeil en mode "panique". Je sursaute. Droite dans mon lit, je réalise que la porte automatique du garage a été activée, mais cela n’a duré qu’un quart de seconde. J'ai bien entendu ? J'ai rêvé ? Ce bruit a bien duré un quart de seconde, pas 10 secondes ?? Nan parce que sinon ça veut dire que quelqu'un est rentré ? Ma mère ? Un intrus ??? Devant le calme qui régnait je me suis vite résigner : j'ai dû halluciner. Et je me rendors !

Et forcément, une fois bien endormie, le bruit recommence. Exactement pareil, très court ce qui veut dire que quelqu'un s'amuse à enclencher l'ouverture automatique de la porte du garage et à la stopper aussitôt. Ou bien c'est un court circuit ? ça va prendre feu ??? Incompréhensible cette histoire. Ce qui se déroule en quelques secondes à peine, me laisse le temps d'imaginer plusieurs hypothèses rationnelles et bien sûr, des scénarios catastrophes sortis de nulle part.

Ma mère est la seule à posséder le double du bip et j'ai de la chance, elle ne débarque pas à l'improviste. Encore moins en plein milieu de la nuit. Quant à moi, je suis tout à fait capable de m'endormir avec mon bip dans la poche ce qui aurait pu l'enclencher en bougeant dans mon sommeil… Mais non ! Mon bip est rangé à sa place. Qui a pu activer cette porte ?!! C'est alors que le scénario catastrophe a pris le dessus sur mon sang froid.

Il faut bien imaginer que je n'ai pas du tout le physique d'un athlète, mais plutôt celle de Jaques Villeret (que j'adore en passant) et que je me suis fais opérées des varices il y a quelques jours, ce qui me laisse une démarche très glamour de cow boy. Bref, je me lève d'un bond de cow boy, je ne sais pas comment mais d'un bond quand même. Vous savez, dans ces moments de panique, vous arrivez à faire en un instant ce que vous galérez à faire d'habitude : sortir de la couette sans vousu coincer un pied dedans, trouver la sortie de la chambre sans trébucher dans le pied du lit, trouver la poignée de la porte à tatons...

Donc en un seul bond quasiment, j’ai sauté du lit, traversé le couloir et atterri devant la porte du sous-sol à quelques mètres de ma chambre. Bon d'accord, 3 ou 4 bonds. Je ne me pose aucune question, je suis en mode "il y a un intrus dans mon sous-sol, je vis seule avec ma fille, je n'ai pas le droit de le louper, il va prendre cher". Rien que d'y repenser je suis pliée. Je pensais vraiment qu'à moi seule je le mettrai KO . J’ouvre la porte d'un coup et j'allume la lumière en même temps, comme si j'avais 2 mains super agiles, capables de tout faire en même temps alors que pas du tout en vrai. J'ai le poing serré au cas où je me retrouve face à lui et je suis littéralement en transe.

J’écoute si on bouge en bas, mais rien. Tout est calme. Par prudence je descends. Ravie, à minuit, entre 2 toiles d'araignées toutes fraîches, marcher pieds nus sur la terre battue... Super. Mais bon, en cas de survie, on ne fait pas trop sa mijorée. Je fais le tour des lieux : RAS. Je me détend et remonte les escaliers, restant dans le flou de l'incompréhension de ce bruit étrange et inexpliqué. Tout à coup la fatigue s'abbat sur moi, comme si mon sommeil se plaignait : "je te rappelle qu'il y a 3 secondes on dormais super bien hein". De retour dans la maison, je ferme la porte du sous-sol et avant même de reprendre la direction de mon lit, j'entends quelques chose de presque imperceptible et réflexe, je tourne la tête vers ce bruit. Je tombe nez à nez avec Filou, mon gros chat (mais c'est pas de sa faute) (c'est pas de la mienne non plus) (si mon chat est gros et si je suis grosse), qui ronronne et bave de bonheur puisqu'il patine sur mon manteau avec ses griffes qui pétrissent le tissu, ses poils qui tombent comme des feuilles de cerisier et que je galérerai à enlever le lendemain. Et là, en un éclair je réalise, à la fois dépitée et pliée en 4 : l'une des pattes du chat est pile sur la poche de mon manteau où j'ai laissé le bip du garage... Ouvert, fermé. Ouvert, fermé. Filou jouait carrément avec mon bip. On dirait Jacouilles qui découvre l'ouverture automatique de porte de garage...

Encore une scène improbable, comme seuls mes chats savent en provoquer !

Mais quand est-ce que je vais l’installer cette caméra, que Filou passe au zap ?!

Pensez à vos KDO !